>Vous êtes ici | Catalogue | Littérature | Roman, nouvelles | A la Claire fontaine
Imprimer le contenu de cette page
Télécharger cette page en PDF
Recommander cette adresse à un ami

A la Claire fontaine

Roman
Narcisse Praz
Nombre de pages: 200
Langue: Français
Dimensions: 150 X 210 X 20
Parution: 1992
Reliure: Thermo
Collection: Racines du Rhône
ISBN:
CHF 24.00

Il est, quelque part sur la grand-crête de l'alpe des Combatses-Leynes, dans le val de Nendaz, un rocher témoin du drame historique que relate ce récit: les sept bergers de Nendaz réquisitionnés, selon les méthodes de l'époque, pour s'en aller guerroyer en Russie (!) y gravèrent leurs initiales flanquées d'une croix sanctionnant par anticipation toute espérance de retour. C'était en l'an 1812. Le Valais était devenu, provisoirement, le Département français du Simplon de par le «bon» vouloir de Napoléon 1er empêtré dans sa campagne de Russie.

Les gars sont partis. Leurs fiancées affrontent l'interminable attente. Et leur histoire tourne au polar.

Extrait

- Je ne pourrai jamais comprendre, dit Agathe, qu'il se trouve des gars pour y aller en chantant.

- A croire qu'ils aiment ça? suggère Thérèse.

- Et si c'était dans la nature des hommes d'aimer la guerre, parce qu'ils y trouvent l'occasion  de montrer leur courage?

- Qui leur demande de prouver leur courage? S’insurge Madeleine. Nous?

- Pourtant, j'ai vu dans plusieurs maisons de la vallée des mères qui ont suspendu, bien en vue, à la place d'honneur, les décorations du mari ou du fils mort à la guerre. C'est leur fierté.

- Et si nous admirions un peu moins, nous les femmes, ironisa Madeleine, ces grands enfants qui jouent les héros des grandes boucheries? Peut-être mettraient-ils moins de cœur au massacre? Et si on jetait leurs croix de guerre sur le tas de fumier, au lieu de les épingler glorieusement à leurs habits du dimanche, peut-être prouveraient-ils autre chose que leur bravoure imbécile? Et à qui profite toute cette belle vaillance idiote, à qui profitent tous ces défis idiots lancés à la mort? Et elle les relève bien, la garce. A quelqu'un, pour sûr. A celui-ci pour la gloriole, à tel autre pour l'argent, à un troisième pour le pouvoir et à Napoléon pour les trois à la fois!

Un coup de griffe pour les femmes, un coup de crocs pour les mâles. Telle est Madeleine. Juste. Et belle. Dieux! Qu'elle était donc belle lorsqu'elle prononça ces phrases-là! Une lionne noire à noire crinière, au regard de nuit zébré d'éclats de foudre. Quelle pitié de n'être, en face d'elle, que ce que je suis, pauvre de moi, pauvre Jacquou.

 

 

 

 

 

 

 

 

 





En savoir plus
Editions Monographic SA
Technopôle 2
CP 636
3960 Sierre
+41 27 452 27 30
powered by /boomerang 2013